Envie d’observer des macareux ? Cap sur les Orcades !

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Fermez les yeux un instant. Imaginez une île de rochers noirs, de falaises vertigineuses, de vent salé qui pique le visage… et devant vous, un petit oiseau clown au bec coloré qui vous regarde, l’air surpris. Vous venez d’arriver dans les Orcades, l’un des meilleurs endroits d’Europe pour observer les macareux. Tentant, n’est-ce pas ?

Pourquoi les Orcades sont un paradis pour les macareux

Au nord de l’Écosse, les Orcades forment un archipel battu par les vents, entouré d’une mer froide et riche en poissons. C’est exactement ce que recherchent les oiseaux marins. Les falaises offrent des parois abruptes pour creuser des terriers. L’océan apporte la nourriture. Et les grandes zones sauvages restent encore calmes et peu urbanisées.

Les macareux passent la majeure partie de leur vie en mer. Ils ne reviennent à terre que pour nicher. Entre avril et août, ils se regroupent alors sur quelques sites clés des Orcades. Cela crée des scènes spectaculaires que l’on n’oublie jamais. Bruit, odeurs, vols incessants… c’est comme entrer au cœur d’une ville d’oiseaux en pleine heure de pointe.

Où voir des macareux dans les Orcades

Si vous rêvez d’en croiser, il ne suffit pas de prendre le premier ferry et d’espérer. Quelques lieux précis augmentent vraiment vos chances.

Marwick Head, le spot incontournable

Les falaises de Marwick Head, sur la côte ouest de Mainland (l’île principale des Orcades), sont l’un des meilleurs points d’observation. Vous marchez sur un sentier côtier simple, entouré de landes, et soudain la falaise s’ouvre. En contrebas, des milliers d’oiseaux tournent, plongent, crient.

Parmi les guillemots et les pingouins tordas, vous remarquerez vite les macareux. Corps noir et blanc, bec orange et rouge, pattes orange vif. Ils se posent sur de petites corniches, parfois en petits groupes. Ils ont souvent l’air un peu hésitants, comme s’ils ne savaient pas trop quoi faire de leurs ailes.

À Marwick Head, prévoyez :

  • Des jumelles pour mieux distinguer les espèces
  • Une veste coupe-vent, même en été
  • Un bonnet ou une capuche, le vent peut être saisissant

Autres zones sauvages à ne pas manquer

Autour du cercle de Brodgar, classé à l’Unesco, les paysages ne sont pas seulement impressionnants par leurs pierres. La réserve gérée par la RSPB (Royal Society for the Protection of Birds) attire de nombreux oiseaux. Ce n’est pas là que vous verrez le plus de macareux, mais la richesse ornithologique y est étonnante.

La réserve de Mull Head offre, elle aussi, de magnifiques panoramas de falaises. Là encore, les oiseaux marins nichent dans les parois. En avançant sur les sentiers entre bruyère et herbe rase, vous pourriez apercevoir des macareux voler vers la mer, le bec rempli de petits poissons scintillants.

Quand partir pour maximiser vos chances

Les macareux ne restent pas toute l’année aux Orcades. Ils suivent un cycle précis. Pour les voir, le calendrier est important.

  • Arrivées sur les colonies : généralement entre fin avril et début mai
  • Période idéale d’observation : mai, juin, début juillet
  • Départ vers la mer : à partir de la mi-juillet, parfois un peu plus tard selon les années

En plein été, en journée, ils peuvent être moins nombreux près des terriers, car ils partent pêcher. Le début de matinée et la fin d’après-midi sont souvent les meilleurs moments. La lumière est plus douce, les couleurs du bec ressortent mieux, et l’activité autour des falaises est intense.

Comment observer les macareux sans les déranger

Ces oiseaux ont l’air confiants, presque amusants. Pourtant, leurs colonies sont fragiles. Pour qu’ils continuent de revenir chaque année, il est essentiel de respecter quelques règles simples.

  • Rester sur les sentiers balisés, même si un point de vue semble plus tentant un peu plus loin
  • Garder une distance de sécurité, ne pas s’approcher du bord des falaises ni des terriers
  • Éviter de crier, courir ou faire des gestes brusques
  • Ne jamais tenter de toucher un oiseau ou de lui donner de la nourriture

Au-delà de la sécurité des oiseaux, c’est aussi la vôtre. Les falaises peuvent être friables, et le vent surprend souvent. Un pas de trop pour une photo et l’excursion peut très vite mal tourner.

Autres oiseaux à admirer pendant votre séjour

Les Orcades ne se résument pas aux macareux. Si vous aimez la nature, vous serez servi. Le simple fait de marcher le long d’un loch ou d’une lande devient presque une sortie ornithologique guidée.

  • Sternes naines : petites, vives, avec un bec jaune à pointe noire. Leurs plongeons en piqué sont spectaculaires.
  • Courlis : grands échassiers au long bec courbé. Leur chant ondulant accompagne vraiment vos pas.
  • Pingouins tordas : cousins des macareux, noirs et blancs, avec un gros bec noir rayé de blanc.
  • Huîtriers : plumage noir et blanc, bec orange vif. On les repère souvent à leurs cris secs le long des rivages.

Sur les landes, vous entendrez aussi les alouettes, les pipits et bien d’autres espèces dont vous ne connaissez peut-être pas le nom. Peu importe. Ce qui compte, c’est cette impression d’être plongé dans un concert permanent.

Une journée type d’observation aux Orcades

Pour vous aider à imaginer, voici une idée de programme simple, sans avoir besoin d’être un expert.

  • Matin : balade guidée avec une structure locale comme Wild Orkney Walks (sorties à partir d’environ 30 £). Vous découvrez les espèces avec un guide, sans stress.
  • Milieu de journée : visite du cercle de Brodgar avec l’Orkney Ranger Service, qui propose des visites gratuites d’environ 13 h à 14 h. Vous alliez histoire et nature.
  • Après-midi : marche vers Marwick Head pour observer les falaises et les macareux. Prévoyez un encas, de l’eau, et des vêtements chauds.

Si vous restez plusieurs jours, des circuits sur mesure peuvent être organisés via des agences locales spécialisées. Cela permet de combiner plusieurs îles, d’adapter le niveau de marche, et d’avoir de bons conseils météo.

Conseils pratiques pour préparer votre voyage

Le climat des Orcades est changeant. Même en juillet, le vent peut être froid. Pour profiter pleinement des macareux et des autres oiseaux, pensez à :

  • Un imperméable léger mais efficace
  • Des couches de vêtements superposables (t-shirt, pull, polaire)
  • De bonnes chaussures fermées, idéalement de randonnée
  • Des jumelles de base, même peu puissantes
  • Une housse de protection pour votre appareil photo

Sur place, les distances sont raisonnables, mais les routes peuvent être étroites. Prévoyez du temps entre chaque visite. Mieux vaut voir moins de sites et vraiment prendre le temps de s’asseoir face à une falaise, en laissant venir les oiseaux.

Et après avoir vu les macareux…

Il y a un moment particulier, quand on quitte la falaise. Le vent tombe un peu, les cris s’éloignent. On se surprend à tendre encore l’oreille, comme si l’on voulait garder ce paysage sonore en soi. Beaucoup de voyageurs racontent qu’ils repartent avec une sensation étrange de calme, presque hors du temps.

Peut-être est-ce parce que, ici, le rythme de la vie suit celui des oiseaux. Les macareux reviennent chaque printemps, repartent discrètement en été. Les courlis chantent au-dessus des landes comme ils le font depuis des millénaires. En venant dans les Orcades, vous ne faites pas qu’observer des macareux. Vous touchez du doigt une nature qui, elle, ne regarde pas l’horloge.

Alors, si vous sentez l’envie monter, ne la repoussez pas trop longtemps. Les macareux ne restent que quelques mois. Votre fenêtre pour les voir est courte. Mais le souvenir, lui, restera très longtemps.

Auteur/autrice

  • Passionné par le monde animal depuis toujours, j'ai 49 ans et je travaille au quotidien auprès des animaux pour leur bien-être et leur observation. Mon métier d'animalier m'amène à prendre soin d'eux, à comprendre leurs besoins et à sensibiliser le public à la protection de la faune.

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