Clonage animal : cette pratique interdite en France à laquelle plusieurs célébrités ont déjà eu recours

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Perdre un animal, c’est un peu comme perdre un membre de sa famille. Alors quand l’on découvre que certaines célébrités ont fait cloner leur chien ou leur chat pour « le retrouver », la tentation peut sembler immense. Mais que se cache-t-il vraiment derrière cette pratique, interdite en France mais pourtant bien réelle ailleurs dans le monde ?

Le clonage animal, une promesse qui fait rêver… mais trompeuse

Sur le papier, le clonage d’animaux de compagnie semble presque magique. Votre chien adoré vieillit, votre chat est malade, et une idée prend forme : garder un morceau de lui pour le faire « revenir » plus tard. C’est ce que certaines stars comme Barbra Streisand ou Paris Hilton ont déjà fait avec leurs chiens.

En réalité, le clonage ne ressuscite pas un animal. Il crée un jumeau génétique. C’est très différent. Le nouvel animal a le même ADN, donc une apparence globalement similaire. Mais ce n’est pas le même individu. Pas les mêmes souvenirs, pas la même histoire, pas la même relation avec vous.

Comment se déroule concrètement le clonage d’un chien ou d’un chat ?

Le clonage n’est plus de la science-fiction. C’est une technique maîtrisée depuis le début des années 2000. Le premier chat cloné est né en 2001. Aujourd’hui, des entreprises privées aux États-Unis, en Chine ou en Corée du Sud proposent ce service comme un produit commercial.

Le principe, en résumé, se déroule en plusieurs étapes :

  • Des cellules sont prélevées sur l’animal vivant, souvent par une simple biopsie de peau.
  • Ces cellules sont conservées, soit mises en culture, soit congelées à très basse température.
  • Plus tard, le matériel génétique de ces cellules est introduit dans un ovocyte (un ovule) dont on a retiré l’ADN.
  • On obtient alors un embryon cloné, qui est implanté dans l’utérus d’une mère porteuse, chienne ou chatte.

Au bout de la gestation, un chiot ou un chaton naît. Il partage le même génome que l’animal d’origine. Sur le plan scientifique, c’est cohérent. Sur le plan émotionnel, c’est beaucoup plus délicat.

Un clone n’est pas votre animal revenu à la vie

C’est là que la confusion est la plus forte. Vous espérez revoir le même regard, les mêmes habitudes, la même façon de se coucher à vos pieds. Mais le clonage ne reproduit pas le vécu. Il ne recrée pas les années partagées ensemble.

Même physiquement, la ressemblance n’est pas parfaite. La couleur du pelage, oui, globalement. Mais la disposition exacte des taches, par exemple, dépend aussi du développement embryonnaire. Deux animaux avec un ADN identique peuvent présenter des différences visibles.

Et surtout, le caractère ne se copie pas. Le tempérament de votre chien ou votre chat est le fruit de sa génétique, mais aussi de son environnement, de son éducation, de vos gestes du quotidien. Le clone n’a pas connu vos promenades, vos vacances, vos rituels du soir. Vous devez tout reconstruire. Nouvelle relation, nouveaux codes, nouvelle complicité.

Pourquoi le clonage est-il interdit en France ?

En France, et plus largement en Europe, le clonage commercial des animaux de compagnie est interdit. Les laboratoires qui proposent ces services opèrent principalement en Asie et en Amérique du Nord. Un propriétaire français peut donc, en théorie, envoyer des cellules à l’étranger pour cloner son animal. Mais cela ne peut pas se faire sur le territoire français.

Derrière cette interdiction, il ne s’agit pas seulement de morale abstraite. Il y a des raisons très concrètes liées au bien-être animal. Le processus de clonage utilise un grand nombre d’animaux pour qu’un seul chiot ou chaton viable voie le jour.

Des mères porteuses au cœur de la controverse éthique

Ce que l’on voit, au final, c’est le petit clone dans les bras de son propriétaire. Ce que l’on ne voit pas, ce sont toutes les étapes en coulisses. Pour obtenir un seul animal cloné, de nombreux embryons sont fabriqués. Beaucoup ne s’implantent pas. Certains donnent naissance à des petits non viables ou malformés.

Les chiennes et chattes mères porteuses vivent en laboratoire. Elles subissent des inséminations répétées, des grossesses multiples, souvent conclues par des césariennes. Leur corps devient un outil de production. Pour qu’un seul animal « désiré » arrive au monde, beaucoup d’autres sont utilisés, épuisés, parfois sacrifiés.

En clair, cloner son animal favori, c’est accepter que d’autres animaux paient le prix de ce projet très personnel. C’est cette réalité qui pousse beaucoup de vétérinaires et d’éthiciens à alerter et à appeler à réfléchir avant de franchir ce pas.

Un coût financier énorme… pour une illusion de continuité

Au-delà de l’éthique, il y a aussi la question du prix. Cloner un chien ou un chat coûte généralement entre 35 000 et 50 000 euros. Sans compter les frais de transport, de douane, et les suivis vétérinaires spécifiques une fois l’animal arrivé.

Pour ce montant, certains refuges pourraient sauver, soigner, nourrir des dizaines voire des centaines d’animaux abandonnés. La comparaison est un peu dure, mais elle montre le contraste entre un geste tourné vers un seul individu et un geste tourné vers l’ensemble des animaux en détresse.

Et au final, malgré cette somme colossale, l’on n’obtient pas un retour en arrière. Seulement un nouvel animal, qui vous ressemble un peu dans la mémoire, mais qui n’a pas vécu votre histoire.

Comment faire face à la perte de son animal sans passer par le clonage ?

Derrière l’envie de cloner, il y a surtout un immense chagrin. Le refus de dire adieu. Le besoin de prolonger le lien. Il n’y a rien de honteux à ressentir cela. Mais il existe des façons plus respectueuses des animaux, et souvent plus apaisantes sur le long terme.

  • Créer un rituel d’hommage : un album photo, une boîte avec son collier, une lettre que vous lui écrivez. Cela aide à reconnaître la place qu’il a eue dans votre vie.
  • Planter un arbre ou une plante en sa mémoire, pour symboliser un nouveau cycle.
  • Parler de lui, sans censurer vos souvenirs. Avec vos proches, avec un vétérinaire, parfois avec un psychologue si la douleur est trop forte.
  • Quand vous serez prêt, envisager d’adopter un autre animal. Pas pour remplacer le précédent, mais pour offrir une nouvelle histoire à quelqu’un qui en a besoin.

Chaque animal a sa place unique. Chercher à copier le précédent empêche parfois d’accueillir vraiment le suivant. Accepter que votre compagnon disparu soit irremplaçable, c’est aussi lui rendre hommage.

Clonage animal : une question simple à se poser avant de décider

Au fond, une question peut aider à clarifier les choses : « Est-ce que je veux vraiment retrouver le même animal, ou est-ce que j’ai peur de faire mon deuil ? » Si l’on attend du clonage qu’il efface la douleur, l’on risque d’être déçu et de se sentir encore plus perdu face à un animal qui lui ressemble, mais qui n’est pas lui.

La science permet aujourd’hui des choses incroyables. Mais tout ce qui est possible n’est pas forcément souhaitable. Surtout lorsqu’il s’agit d’êtres sensibles. Votre chien, votre chat, ont été uniques parce que vous avez partagé un chemin précis, à un moment donné de votre vie. Cette histoire-là, personne ne pourra jamais la copier. Et c’est peut-être ce qui en fait la vraie beauté.

Auteur/autrice

  • Passionné par le monde animal depuis toujours, j'ai 49 ans et je travaille au quotidien auprès des animaux pour leur bien-être et leur observation. Mon métier d'animalier m'amène à prendre soin d'eux, à comprendre leurs besoins et à sensibiliser le public à la protection de la faune.

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