Tombée dans un étang gelé, une chienne de chasse sauvée in extremis par un étudiant pendant une partie

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Une simple balade, un étang gelé, un chien qui disparaît sous la glace. Et, au milieu de ce chaos, un étudiant qui décide de plonger pour sauver une vie. Cette histoire aurait pu très mal finir. Au contraire, elle montre jusqu’où un inconnu peut aller pour secourir un animal en détresse.

Une partie de chasse qui tourne au drame en quelques secondes

Ce jour-là, près de Chozeau, en Isère, tout semble banal. Des chasseurs participent à une battue au sanglier, les chiens suivent la piste, la tension est celle d’une journée d’hiver ordinaire.

Parmi eux, une chienne de chasse, Laïka. En courant, elle s’éloigne, attirée par les odeurs, les bruits. Elle arrive près de l’étang de Chalignieu, recouvert d’une couche de glace. En apparence solide. En réalité, très fragile.

La chienne s’avance, les pattes claquent sur la surface gelée. Puis la glace cède. D’un coup. Laïka disparaît à moitié dans l’eau, piégée entre les blocs qui se referment autour d’elle.

La panique au bord de l’étang glacé

La scène bascule en quelques instants. L’eau est glaciale, le corps se fige vite, les forces s’épuisent. Laïka lutte pour garder la tête hors de l’eau, tente de s’agripper avec ses pattes, glisse, retombe.

Son maître, Gérard, chasseur expérimenté, comprend tout de suite que chaque seconde compte. Il connaît pourtant les dangers de ce type d’étang en hiver. La glace ne supporte pas un poids humain, encore moins si l’on doit avancer jusqu’au milieu.

Il essaie d’intervenir, mais les conditions sont trop risquées. S’approcher, c’est prendre le risque de tomber lui aussi, sans pouvoir revenir. L’impuissance est terrible. Il voit sa chienne se débattre, la voix porte, mais les mains ne peuvent rien faire.

Un étudiant lyonnais, un paddle et un geste héroïque

C’est à ce moment précis que Tibor, un étudiant lyonnais, arrive dans le secteur avec des amis à vélo. Il ne fait pas partie de la chasse. Il est juste là au bon moment. Il voit la chienne dans l’eau, le chasseur en détresse, la glace qui craque.

Beaucoup auraient attendu les secours, figés par la peur. Tibor, lui, réagit tout de suite. Il retire ses vêtements pour ne pas être alourdi par l’eau froide. Les personnes sur place lui prêtent un paddle, cet équipement de glisse stable, plus léger qu’une barque.

Il se met à plat ventre sur la planche, avance doucement, centimètre par centimètre. La glace se fissure autour de lui. Il garde son calme. Il se rapproche de Laïka, qui s’épuise, mais continue à se battre.

Arrivé à sa hauteur, il la saisit, la hisse tant bien que mal sur le paddle. Le retour semble interminable. Pourtant, il parvient à rejoindre la berge. La chienne est enfin hors de l’eau.

Tout est bien qui finit bien, mais à quel prix

Tibor, après ce sauvetage, est frigorifié. Son corps a été en contact avec l’eau et le froid coupant de l’air. Les pompiers arrivent sur place et le prennent en charge. Ils le réchauffent progressivement pour éviter tout risque d’hypothermie.

Laïka, elle, est réconfortée par les chasseurs. On la frictionne, on la couvre, on la laisse reprendre son souffle. Elle a survécu à cette chute dans l’étang gelé. Pour un chien, quelques minutes suffisent pour perdre toute force dans une eau si froide.

Gérard, profondément touché par le geste de l’étudiant, tient à le remercier. Il l’invite dans leur cabane de chasse pour partager un moment convivial. Il lui offre aussi un bon d’achat en signe de gratitude. Au-delà du cadeau, c’est un lien humain fort qui se crée au bord de cet étang où tout aurait pu s’achever.

Du sauvetage à une vocation de chasseur

Cette journée ne restera pas seulement comme le souvenir d’un sauvetage. Elle devient aussi, pour Tibor, une porte d’entrée inattendue dans le monde de la chasse. L’étudiant décide en effet de passer son permis de chasser.

Après avoir découvert cette communauté de chasseurs dans une situation extrême, il veut mieux comprendre leur univers. Il envisage de participer à la prochaine saison de chasse. Une première approche pour le moins surprenante, mais très marquante.

Cette histoire montre aussi un point souvent oublié. Derrière l’image du chasseur, il y a des personnes attachées à leurs chiens, qui les considèrent comme de vrais partenaires. Quand un animal tombe dans l’eau, ce n’est pas un simple outil de travail que l’on perd, c’est un compagnon.

Que retenir si vous voyez un animal tomber dans un étang gelé ?

Cette aventure finit bien, mais elle aurait pu coûter la vie à la chienne, voire à son sauveteur. Si vous êtes témoin d’une scène similaire, quelques réflexes peuvent vraiment tout changer.

  • Ne courez pas tout de suite sur la glace. Si elle a cédé sous un chien, elle cédera encore plus vite sous un humain.
  • Appelez les secours (pompiers) dès le début pour qu’ils soient en route pendant que vous vous organisez.
  • Cherchez toujours un support flottant ou large : planche, échelle, palette, tronc, paddle, voire plusieurs grandes branches assemblées.
  • Allongez-vous si vous devez vous approcher. Répartir votre poids limite le risque de nouveau trou dans la glace.
  • Une fois l’animal sauvé, séchez-le et réchauffez-le lentement. Ne le collez pas directement contre une forte source de chaleur.

Le courage, c’est essentiel. Mais sans prudence, il peut se transformer en drame supplémentaire. L’exemple de Tibor est admirable. Il a pris un risque, oui, mais avec un minimum de stratégie et de matériel.

Un récit qui donne foi en la solidarité

Au fond, ce qui marque dans cette histoire, ce n’est pas seulement la glace qui cède ou le froid de l’étang. C’est ce réflexe humain de ne pas détourner le regard. Un étudiant, des chasseurs, des pompiers. Des mondes parfois éloignés, réunis autour d’une même urgence : sauver un animal.

Laïka a eu de la chance ce jour-là. Elle a croisé la route de personnes prêtes à se mouiller, au sens propre. Ce genre d’histoire rappelle que, même au milieu d’une simple sortie à vélo ou d’une journée de chasse, tout peut changer. Et qu’un geste, une décision prise en quelques secondes, peut faire la différence entre la vie et la mort.

Auteur/autrice

  • Passionné par le monde animal depuis toujours, j'ai 49 ans et je travaille au quotidien auprès des animaux pour leur bien-être et leur observation. Mon métier d'animalier m'amène à prendre soin d'eux, à comprendre leurs besoins et à sensibiliser le public à la protection de la faune.

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