La Chaîne des Puys célèbre l’année internationale du pastoralisme, voici pourquoi cela compte

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Dans la Chaîne des Puys, les volcans ne racontent pas seulement une histoire de lave et de relief. Ils racontent aussi une histoire de troupeaux, de bergers et de paysages entretenus depuis des millénaires. Et si le pastoralisme mérite aujourd’hui une année internationale, ce n’est pas pour faire joli. C’est parce qu’il reste essentiel, très concrètement, à la vie du territoire.

Un savoir-faire ancien qui reste bien vivant

Le pastoralisme est présent dans la Chaîne des Puys depuis environ 6 000 ans. Cela peut sembler lointain. Pourtant, cette activité n’a rien de poussiéreux. Elle continue d’agir chaque jour sur les prairies, les pentes et les estives du Puy-de-Dôme.

En faisant pâturer les animaux, on garde les paysages ouverts. On limite l’embroussaillement. On protège aussi une grande diversité de plantes et d’insectes. Autrement dit, les bêtes jouent un rôle que l’on ne voit pas toujours au premier regard. Elles sont un peu les tondeuses des volcans d’Auvergne.

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Pourquoi le pastoralisme compte autant aujourd’hui

On pourrait croire que cette pratique ne concerne que les amoureux de la montagne. En réalité, elle touche tout le monde. Le pastoralisme aide à préserver la biodiversité, mais il sert aussi l’économie locale. Il soutient les productions d’élevage et les circuits courts. Il fait vivre des exploitations, des fromageries, des marchés, des commerces.

Il a aussi un autre effet très concret. En maintenant les terrains dégagés, il aide à réduire le risque d’incendies. Dans un contexte de réchauffement climatique, ce détail n’en est pas un. C’est même un argument très fort pour continuer à soutenir cette activité.

Comme l’a rappelé Lionel Chauvin, président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme, le pastoralisme est un patrimoine vivant. Et un patrimoine vivant, justement, doit être transmis. Sinon, il s’efface peu à peu.

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Des troupeaux pour entretenir les volcans

Dans le département, une grande partie du pastoralisme repose sur des terrains privés. Certains propriétaires ignorent même qu’ils possèdent ces parcelles. Cela montre à quel point l’organisation est complexe. Sans accompagnement, certaines zones resteraient fermées, boisées, parfois même abandonnées.

C’est pour cela que le Conseil départemental et le Syndicat mixte du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne travaillent avec les éleveurs. Leur but est simple. Retrouver des parcelles, les rouvrir au pâturage et maintenir la présence animale là où elle est utile.

Un exemple parle de lui-même. Depuis 2015, le Lycée agricole de Rochefort-Montagne et le Département ont créé un troupeau mobile. Parti d’une cinquantaine d’animaux, il compte aujourd’hui environ 200 brebis. Ce petit cheptel itinérant sert à entretenir des sites en attendant qu’un éleveur puisse reprendre le relais.

Au total, la Chaîne des Puys compterait environ 10 000 brebis. Près de 2 000 seraient présentes sur le seul site du Puy-de-Dôme. Sept bergers travaillent à temps plein pour gérer ces troupeaux dans les estives. C’est une présence discrète, mais indispensable.

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Le pastoralisme ne concerne pas que les moutons

On pense souvent d’abord aux brebis. Pourtant, le pastoralisme ne s’arrête pas là. Des troupeaux bovins participent eux aussi à l’entretien des espaces, notamment du côté de Saint-Ours-les-Roches. Chaque espèce apporte sa manière de pâturer. Chaque zone demande une gestion adaptée.

Cette diversité est précieuse. Elle montre que le pastoralisme n’est pas une formule figée. C’est une pratique souple, qui s’ajuste aux terrains, aux saisons et aux besoins du paysage.

Une année pour mieux comprendre et mieux respecter

Le Conseil départemental du Puy-de-Dôme organise plusieurs événements pour mettre cette réalité en lumière. Expositions, conférences, balades commentées et rencontres avec des éleveurs vont rythmer l’année internationale du pastoralisme. L’idée n’est pas seulement de montrer de belles images. Il s’agit aussi d’expliquer pourquoi cette activité compte encore aujourd’hui.

Le public pourra ainsi découvrir l’histoire des pratiques pastorales, les objets du quotidien, les anciens usages et les enjeux actuels. Une exposition sera notamment visible du 13 mai au 31 décembre 2026 à la Maison de site du puy de Dôme, à Orcines. Elle s’intitule Chaîne des Puys, terre de pastoralisme.

D’autres rendez-vous sont annoncés. Le 30 mai 2026, une causerie pastorale aura lieu au Puy de la Rodde, à Aydat. Le 13 juin 2026, une balade guidée est prévue au lac de Guéry, à Perpezat. Puis des balades commentées auront lieu les 27 juin, 15 juillet et 25 août 2026 au pied du puy de Dôme.

Un message simple pour les visiteurs

Le pastoralisme a aussi besoin de respect. Pas de grands discours, juste des gestes simples. Rester sur les chemins. Tenir les chiens en laisse. Refermer les clôtures. Respecter les chiens de protection, les patous. Cela peut paraître évident. Pourtant, dans un espace partagé, ces règles changent tout.

Comme l’a rappelé Lionel Chauvin, la Chaîne des Puys n’est pas un lieu de liberté totale. Une partie de ces terrains est privée. Les visiteurs y sont accueillis, un peu comme s’ils entraient dans le jardin d’un voisin. Cette image dit beaucoup. Elle invite à la gratitude, mais aussi à la vigilance.

Au fond, célébrer l’Année internationale du pastoralisme, c’est reconnaître une évidence souvent oubliée. Derrière un paysage magnifique, il y a du travail, des gestes, des animaux et des humains. Et sans eux, les volcans d’Auvergne ne seraient pas tout à fait les mêmes.

Auteur/autrice

  • Passionné par le monde animal depuis toujours, j'ai 49 ans et je travaille au quotidien auprès des animaux pour leur bien-être et leur observation. Mon métier d'animalier m'amène à prendre soin d'eux, à comprendre leurs besoins et à sensibiliser le public à la protection de la faune.

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