« Nous privilégions la santé des plantes et des sols » : la méthode assumée qui guide chaque choix

4.5/5 - (67 votes)

À Boitron, dans l’Orne, Frédéric Loison a fait un choix qui bouscule les habitudes. Ici, la priorité n’est pas de forcer la terre. La priorité, c’est de préserver la santé des plantes et des sols, jour après jour, même quand cela demande de revoir ses réflexes.

Une ferme qui avance avec une ligne claire

Installé hors cadre familial depuis 2013, Frédéric Loison exploite 126 hectares et engraisse une centaine de taurillons par an. Avec sa compagne Claire-Marie Gasnier, il a construit une ferme qui ne ressemble pas à un modèle figé. Elle évolue, teste, ajuste. Et surtout, elle garde une idée simple en tête : faire mieux avec moins de pression sur le sol.

Leur exploitation, la Ferme Ô Vaux, s’inscrit dans une logique agroécologique. Le travail du sol est limité autant que possible. La couverture des sols est recherchée en permanence. Cela peut sembler technique, mais derrière cette méthode, il y a un vrai bon sens. Moins on malmène le sol, plus il reste vivant.

Découvrez le chat le plus grand du monde et son quotidien
Découvrez le chat le plus grand du monde et son quotidien

chat le plus grand du monde désigne tantôt la plus grande hauteur au garrot, tantôt la longueur totale ou le poids, et les chiffres de nos sources mettent ces distinctions en lumière : le Savannah Fenrir est cité à 47,83 cm au garrot, le Maine Coon Barivel a mesuré 120... Lire la suite

49 votes· 44 commentaires·

Pourquoi réduire le travail du sol change tout

Sur cette ferme, les terres sont très variées. Certaines sont argilo-calcaires. D’autres sont des limons profonds. Et avec 900 à 1 000 mm de pluie par an, il faut savoir s’adapter vite. Frédéric Loison pratique donc le semis simplifié depuis ses débuts. Il va parfois jusqu’au semis direct, ou au contraire à un labour très superficiel quand les conditions l’imposent.

Cette souplesse est importante. Elle évite d’appliquer la même recette partout. Elle permet aussi de limiter les charges. Car travailler moins le sol, c’est aussi consommer moins de carburant, user moins de matériel et gagner en efficacité. Ce n’est pas spectaculaire au premier regard. Mais à l’échelle d’une ferme, la différence se sent vite.

💬

Les macérations de plantes, une alternative assumée

Depuis quatre ans, Frédéric Loison a franchi un cap avec les macérations de plantes. Le déclic n’est pas venu d’un tableau Excel. Il est venu de sa santé. Après des maux de tête liés aux traitements phytosanitaires, il a voulu essayer autre chose. Et il a fini par adopter ces biostimulants sur toute l’exploitation dès la première année.

Il ne bannit pas totalement les produits conventionnels si une situation l’exige. Mais il les réserve à certains cas. Aujourd’hui, trois formules suffisent pour ses productions. Deux ont une action antifongique. La troisième agit contre certains insectes et acariens. Cette approche change la routine. Les manipulations sont plus simples. Les bidons sont remplacés par des cuves de 1 000 litres et une pompe équipée d’un volucompteur.

Le dosage est précis. Les applications se font à raison de 5 à 10 litres par hectare, dilués dans 100 litres d’eau. Et il y a un détail qui compte beaucoup au quotidien : les enfants peuvent venir avec lui quand il intervient avec ces macérations. Cela dit beaucoup sur le ressenti de sécurité et sur l’image que la ferme veut transmettre.

Des résultats visibles sur les cultures et la biodiversité

Le plus frappant, c’est peut-être la baisse des IFT, ces indicateurs qui mesurent le recours aux produits phytosanitaires. Sur le colza, ils sont passés de 9,22 en 2021 à 3,65 en 2024. Sur le blé, la baisse est passée de 6,18 à 2,98. Sur les orges, de 5,96 à 3,67. La différence est nette.

Sur le terrain, Frédéric Loison observe aussi un effet positif sur la biodiversité. Après plusieurs passages contre les pucerons sur tournesol, il a vu revenir de nombreux carabes. C’est un petit détail pour certains. Pour lui, c’est un signal fort. Un insecticide classique aurait sans doute réduit cette présence utile dans le champ.

Autre changement important : les produits vendus en direct à la ferme sont aussi sans résidus de pesticides. Claire-Marie Gasnier y voit un vrai avantage commercial. Et pour le consommateur, c’est un argument qui parle immédiatement.

Quelle est la capitale de Terre-Neuve et Labrador : tout ce qu’il faut savoir
Quelle est la capitale de Terre-Neuve et Labrador : tout ce qu’il faut savoir

Située à la pointe la plus à l’est de l’Amérique du Nord, la capitale de la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador est une ville empreinte d’histoire, de vitalité culturelle et d’une géographie unique. Reconnue sous le nom de Saint-Jean de Terre-Neuve (en anglais St. John's), cette métropole côtière s’impose non seulement... Lire la suite

81 votes· 12 commentaires·

Une rotation qui s’est enrichie avec la diversification

Depuis deux ans, Claire-Marie Gasnier a développé une activité de transformation et de vente de légumineuses, farines et huiles. Ces produits partent en vente directe à la ferme, sur les foires, chez des revendeurs, mais aussi vers des boulangeries et des biscuiteries. Cette diversification a changé la rotation. Elle est aujourd’hui pensée sur cinq à sept ans.

L’assolement 2026 reflète ce nouvel équilibre. Il comprend 41 hectares de blé, 20,5 hectares de colza, 20,5 hectares d’orge, 19 hectares de maïs grain et ensilage, ainsi qu’une dizaine d’hectares de prairies. À cela s’ajoutent 6,5 hectares de sarrasin, 3,6 hectares de lentilles roses et 3 hectares de tournesol. Ce n’est pas seulement une liste de cultures. C’est une stratégie.

Les couverts sont eux aussi pensés autrement. La ferme utilise des semences fermières pour tous ses couverts, avec des mélanges issus des cultures présentes sur place : pois chiche, lentille, colza, sarrasin, tournesol et maïs. Cela réduit les achats et renforce l’autonomie.

Moins d’azote, plus de réflexion

Frédéric Loison a aussi revu sa fertilisation. Là où le plan de fumure recommandait environ 180 unités d’azote, il est descendu à 150 unités en moyenne. Il a abandonné le N-tester. Selon lui, les outils de pilotage poussent souvent à fertiliser trop, donc à dépenser trop. Et parfois au détriment de la vigueur réelle de la plante.

Face à la hausse des prix des engrais, il cherche d’autres leviers. Il envisage par exemple du trèfle blanc nain après la moisson des orges, puis un blé semé sous couvert. Il regarde aussi du côté des macérations de plantes pour remplacer une partie de l’azote minéral. Et il utilise déjà de la silice informée pour stimuler les microorganismes du sol.

Une méthode qui repose sur l’observation

Ce qui frappe dans cette ferme, c’est la place de l’observation. Rien n’est appliqué par habitude. Le climat, la culture, le stade de développement, la pression des ravageurs. Tout compte. Même le moment de la journée. Les traitements se font sur feuilles sèches. Fini les passages très tôt le matin.

Frédéric Loison le dit simplement : les biostimulants ne créent pas d’économies immédiates. Mais il les voit comme un pari sur le long terme. Préserver la biodiversité, garder des sols vivants, réduire la dépendance aux intrants. Ce n’est pas la voie la plus facile. C’est souvent la plus exigeante. Mais elle peut devenir la plus solide.

Ce que cette ferme raconte au fond

La ferme de Boitron montre qu’une autre logique est possible. Pas une logique de rupture brutale. Plutôt une suite de décisions cohérentes, prises pour protéger le sol, les plantes et aussi les personnes qui travaillent dessus. Le résultat n’est pas seulement technique. Il est humain.

Et c’est peut-être là que se trouve la vraie force de cette méthode : avancer sans renier la production, mais sans sacrifier le vivant. Une ferme peut chercher le rendement. Elle peut aussi chercher l’équilibre. Ici, c’est ce second chemin qui a été choisi, et il semble de plus en plus assumé.

Auteur/autrice

  • Passionné par le monde animal depuis toujours, j'ai 49 ans et je travaille au quotidien auprès des animaux pour leur bien-être et leur observation. Mon métier d'animalier m'amène à prendre soin d'eux, à comprendre leurs besoins et à sensibiliser le public à la protection de la faune.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *